Actus cinéma, ce qu’il ne fallait pas manquer

Le septième art a connu une année particulièrement riche avec des productions qui ont marqué autant les esprits que les box-offices. Entre blockbusters retentissants, œuvres d'auteur acclamées et controverses médiatiques, le paysage cinématographique s'est considérablement transformé. Les salles obscures ont retrouvé leur public après des années difficiles, tandis que les plateformes de streaming continuent de bouleverser les modes de consommation traditionnels. Des phénomènes culturels inédits ont émergé, comme le "Barbenheimer", témoignant de la capacité du cinéma à générer encore des événements fédérateurs à l'échelle mondiale. Les festivals internationaux ont également mis en lumière de nouvelles voix et tendances artistiques qui dessinent le futur du médium.

Les sorties cinématographiques marquantes de 2023

Barbie et oppenheimer : le phénomène barbenheimer qui a révolutionné le box-office

L'été 2023 restera gravé dans les annales du cinéma avec la sortie simultanée de deux films que tout oppose : "Barbie" de Greta Gerwig et "Oppenheimer" de Christopher Nolan. Ce que personne n'avait prévu, c'est que ces deux longs-métrages formeraient un duo commercial explosif baptisé "Barbenheimer". Les spectateurs ont massivement choisi de voir les deux films le même jour, créant un véritable phénomène culturel qui a inondé les réseaux sociaux de mèmes et discussions passionnées.

"Barbie" a séduit avec son approche satirique et féministe de l'icône de Mattel, tandis qu'"Oppenheimer" a impressionné par son traitement grandiose de la création de la bombe atomique. Les résultats au box-office ont dépassé toutes les attentes avec plus de 1,4 milliard de dollars pour "Barbie" et 950 millions pour "Oppenheimer", prouvant que des propositions artistiques radicalement différentes peuvent coexister et prospérer .

Le phénomène Barbenheimer a démontré que le public est prêt à embrasser la diversité cinématographique et que les expériences collectives en salle restent irremplaçables à l'ère du streaming.

Killers of the flower moon : la fresque historique de martin scorsese

Martin Scorsese a livré avec "Killers of the Flower Moon" une œuvre majeure qui explore un chapitre sombre de l'histoire américaine : les meurtres d'Osage dans les années 1920. Adapté du livre de David Grann, ce film de 3h26 réunit Leonardo DiCaprio et Robert De Niro dans une fresque historique d'une rare puissance. La collaboration avec Apple a permis au réalisateur de disposer d'un budget conséquent de 200 millions de dollars pour reconstituer méticuleusement cette période.

La performance de Lily Gladstone, actrice d'origine amérindienne, a particulièrement marqué les esprits, offrant une représentation authentique et nuancée des membres de la nation Osage. Le film a été salué pour sa mise en scène magistrale et son approche sans concession du colonialisme et de la cupidité. Malgré sa durée imposante, "Killers of the Flower Moon" a connu un beau succès critique et commercial, confirmant que le cinéma d'auteur ambitieux peut encore trouver son public.

Anatomie d'une chute : le triomphe français à cannes et aux golden globes

"Anatomie d'une chute" de Justine Triet a créé la sensation en remportant la Palme d'Or au Festival de Cannes, avant de poursuivre son parcours triomphal aux Golden Globes 2024. Ce thriller judiciaire qui dissèque avec une précision chirurgicale les mécanismes d'un couple et les zones d'ombre d'une relation, a conquis autant la critique que le public. Sandra Hüller y livre une interprétation magistrale d'une romancière accusée du meurtre de son mari.

Le film se distingue par sa construction narrative complexe et son traitement ambigu de la vérité, laissant le spectateur dans le rôle du juré devant démêler le vrai du faux. Son succès international illustre la vitalité du cinéma français d'auteur et sa capacité à transcender les frontières. Avec plus d'un million d'entrées en France et une distribution dans plus de 50 pays, "Anatomie d'une chute" démontre qu'un film exigeant peut rencontrer un large public.

Le règne des blockbusters marvel et DC comics en 2023

L'année 2023 a marqué un tournant pour les franchises de super-héros, avec des résultats contrastés qui pourraient signaler une certaine fatigue du public. Du côté de Marvel, "Ant-Man et la Guêpe : Quantumania" et "The Marvels" ont enregistré des performances commerciales en-deçà des attentes, ce qui représente un changement notable pour un studio habitué aux succès systématiques. Seul "Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3" de James Gunn a véritablement tiré son épingle du jeu.

Pour DC Comics, "The Flash" et "Blue Beetle" ont également déçu au box-office, tandis que "Aquaman et le Royaume perdu" a clôturé l'ancien univers cinématographique avant le grand reboot orchestré par James Gunn. Cette année mitigée a poussé les studios à repenser leurs stratégies, avec une volonté de privilégier désormais la qualité à la quantité et de recentrer leurs univers cinématographiques respectifs.

  • Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3 : 845 millions de dollars au box-office mondial
  • The Marvels : 200 millions de dollars (le plus faible résultat du MCU)
  • The Flash : 268 millions de dollars malgré un budget de 200 millions
  • Aquaman 2 : 400 millions de dollars (contre 1,1 milliard pour le premier opus)

La renaissance du genre d'horreur avec talk to me et thanksgiving

Le cinéma d'horreur a connu un regain de créativité en 2023 avec l'émergence de nouveaux talents et concepts originaux. "Talk to Me", premier long-métrage des frères Philippou, youtubeurs australiens, a surpris par sa maîtrise formelle et son concept glaçant autour d'une main embaumée permettant de communiquer avec les morts. Produit avec un budget modeste de 4,5 millions de dollars, le film en a rapporté plus de 92 millions worldwide.

"Thanksgiving" d'Eli Roth a également marqué les esprits en transformant une fausse bande-annonce issue de "Grindhouse" en un slasher efficace et référencé. Ces succès s'inscrivent dans une tendance plus large de renouveau du genre, porté par des studios comme A24 ou Blumhouse qui misent sur des propositions originales et des réalisateurs émergents. L'horreur confirme ainsi sa capacité à se réinventer et à attirer un public jeune en salle, même à l'ère des plateformes.

Les récompenses et festivals qui ont façonné le paysage cinématographique

Festival de cannes 2023 : palmarès complet et moments forts

Le 76ème Festival de Cannes a consacré "Anatomie d'une chute" de Justine Triet, faisant d'elle la troisième réalisatrice à remporter la Palme d'Or. Cette édition a été particulièrement remarquable pour la diversité de sa sélection et la qualité exceptionnelle des films présentés. Le Grand Prix a été attribué à "The Zone of Interest" de Jonathan Glazer, œuvre glaçante sur la banalité du mal qui se déroule aux abords d'Auschwitz.

Le Prix du Jury a récompensé "Les Feuilles mortes" d'Aki Kaurismäki, tandis que le Prix de la mise en scène est allé à Tran Anh Hung pour "La Passion de Dodin Bouffant". Côté interprétation, Koji Yakusho a été sacré meilleur acteur pour "Perfect Days" de Wim Wenders, et Merve Dizdar meilleure actrice pour "Les Herbes sèches" de Nuri Bilge Ceylan. Le Festival a également été marqué par la présence de nombreuses stars comme Harrison Ford, venu présenter "Indiana Jones et le Cadran de la Destinée", ou Martin Scorsese avec "Killers of the Flower Moon".

Les golden globes 2024 : succession et poor things en tête des récompenses

Les Golden Globes 2024 ont célébré l'excellence cinématographique et télévisuelle avec un palmarès éclectique. "Oppenheimer" de Christopher Nolan a dominé les catégories cinéma en remportant cinq prix majeurs, dont celui du meilleur film dramatique et du meilleur réalisateur. "Poor Things" de Yórgos Lánthimos s'est distingué dans la catégorie comédie/comédie musicale, avec Emma Stone sacrée meilleure actrice.

Le cinéma international a brillé avec "Anatomie d'une chute" de Justine Triet qui a remporté le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère et celui du meilleur scénario. Côté télévision, la dernière saison de "Succession" a triomphé avec quatre récompenses, confirmant son statut de série phénomène. "The Bear" et "Beef" ont également été distinguées, illustrant la montée en puissance des plateformes de streaming dans la production de contenus de qualité.

Mostra de venise : le lion d'or pour poor things de yórgos lánthimos

La 80ème Mostra de Venise a couronné "Poor Things" de Yórgos Lánthimos, adaptation baroque du roman de Alasdair Gray porté par une Emma Stone éblouissante. Ce conte fantastique féministe et provocateur raconte l'histoire d'une femme ramenée à la vie avec le cerveau d'un enfant, qui part à la découverte du monde et de sa sexualité. Le film a séduit par son esthétique foisonnante et son propos émancipateur.

Le Grand Prix du Jury a été attribué à "Evil Does Not Exist" du Japonais Ryusuke Hamaguchi, tandis que le Lion d'Argent du meilleur réalisateur est allé à l'Italien Matteo Garrone pour "Io Capitano". Peter Sarsgaard a été nommé meilleur acteur pour "Memory" de Michel Franco, et Cailee Spaeny meilleure actrice pour son interprétation de Priscilla Presley dans "Priscilla" de Sofia Coppola. Cette édition a confirmé Venise comme un tremplin majeur pour les Oscars , de nombreux films primés poursuivant ensuite leur course aux récompenses.

César 2023 : la nuit du 12 consacré meilleur film

"La Nuit du 12" de Dominik Moll a triomphé lors de la 48ème cérémonie des César en remportant six récompenses, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. Ce polar sobre et efficace, qui s'inspire d'une affaire criminelle non résolue, a touché par son approche sensible des violences faites aux femmes et sa critique subtile du fonctionnement de la police.

Benoît Magimel a reçu le César du meilleur acteur pour "Pacifiction" d'Albert Serra, tandis que Virginie Efira a été consacrée meilleure actrice pour "Revoir Paris" d'Alice Winocour. Le film "L'Innocent" de Louis Garrel, bien que nommé dans 11 catégories, a dû se contenter de deux prix (meilleur scénario original et meilleure actrice dans un second rôle pour Noémie Merlant). Cette cérémonie a mis en lumière un cinéma français diversifié, capable d'aborder des sujets de société tout en renouvelant ses formes narratives.

Les polémiques et controverses qui ont secoué l'industrie

La grève historique des scénaristes et acteurs à hollywood

L'année 2023 a été marquée par un mouvement social sans précédent à Hollywood, avec la grève conjointe des scénaristes (WGA) et des acteurs (SAG-AFTRA). Débutée en mai pour les scénaristes et rejointe en juillet par les acteurs, cette mobilisation historique a paralysé l'industrie pendant près de six mois. Les revendications portaient principalement sur la rémunération à l'ère du streaming, la protection contre l'usage de l'intelligence artificielle, et le partage des bénéfices générés par les plateformes.

Les conséquences économiques ont été considérables avec des pertes estimées à plus de 5 milliards de dollars pour l'économie californienne. De nombreux tournages et promotions de films ont été suspendus, y compris pour des blockbusters très attendus comme "Dune 2" ou "Gladiator 2". Après d'âpres négociations, les scénaristes ont obtenu gain de cause en septembre, suivis par les acteurs en novembre, avec des accords qui établissent de nouvelles règles pour l'industrie face aux défis technologiques et économiques contemporains.

Organisation Durée de la grève Principales revendications Résultats obtenus
Writers Guild of America (WGA) 2 mai - 27 septembre 2023 (148 jours) Meilleure rémunération, protection contre l'IA Augmentation des salaires minimums, encadrement de l'IA
Screen Actors Guild (SAG-AFTRA) 14 juillet - 9 novembre 2023 (118 jours) Protection des droits d'image, partage des revenus du streaming Compensation pour l'utilisation de l'image via IA, bonus streaming

Affaire depardieu : répercussions sur ses projets cinémat

ographiques

L'affaire Gérard Depardieu a pris une ampleur considérable en 2023, avec de multiples répercussions sur la carrière de l'acteur et l'industrie cinématographique française. Suite aux accusations d'agressions sexuelles et de comportements inappropriés, plusieurs projets impliquant l'acteur ont été suspendus ou annulés. Le documentaire "Depardieu : La Chute de l'ogre" diffusé sur France 2 a suscité un débat national, notamment après la publication d'une tribune de soutien signée par une cinquantaine de personnalités du cinéma.

Sur le plan judiciaire, l'acteur fait face à plusieurs procédures qui compliquent considérablement sa participation à de nouveaux tournages. Le film "Umami" de Slony Sow a vu sa sortie perturbée, tandis que d'autres productions comme "Les Volets verts" de Jean Becker ont subi les conséquences de cette polémique. Cette affaire a également relancé les discussions sur la séparation entre l'homme et l'artiste, divisant profondément le milieu du cinéma français.

Woody allen et roman polanski : nouveaux films et débats persistants

En 2023, Woody Allen et Roman Polanski ont tous deux présenté de nouveaux films, ravivant les débats sur la place des artistes controversés dans l'industrie cinématographique. "Coup de chance", premier film en français de Woody Allen, a été présenté à la Mostra de Venise, mais a connu une distribution limitée, notamment aux États-Unis où le réalisateur peine toujours à trouver des financements suite aux accusations d'abus sexuels formulées par sa fille adoptive Dylan Farrow.

Roman Polanski a quant à lui dévoilé "The Palace", une comédie satirique qui a également été présentée à Venise, suscitant des réactions mitigées. En France, le film est sorti discrètement en salle, tandis que plusieurs pays ont refusé de le distribuer. Ces sorties ont relancé les questionnements éthiques sur la séparation entre l'œuvre et l'artiste, particulièrement dans le contexte post-#MeToo où les institutions culturelles sont de plus en plus vigilantes quant aux personnalités qu'elles mettent en avant.

Le cas de ces réalisateurs illustre la tension persistante entre reconnaissance artistique et responsabilité morale, un débat qui continue de diviser tant le public que les professionnels du cinéma.

Les accusations contre jonathan majors et l'impact sur l'univers marvel

L'arrestation de Jonathan Majors en mars 2023 pour agression et harcèlement a eu des répercussions majeures sur les plans de Marvel Studios. L'acteur, qui incarnait Kang le Conquérant, antagoniste central de la phase 5 et 6 du MCU, a finalement été reconnu coupable en décembre, conduisant Disney à rompre immédiatement tout lien avec lui. Cette décision a contraint Marvel à repenser entièrement sa stratégie narrative pour les prochaines années.

Les conséquences ont été immédiates : le film "Avengers: The Kang Dynasty" a été rebaptisé et le studio s'est retrouvé dans l'obligation de remanier ses scénarios pour remplacer ou réorienter le rôle du super-vilain. Cette situation a mis en lumière la vulnérabilité des franchises cinématographiques construites autour d'acteurs spécifiques et les risques associés à l'élaboration de plans narratifs s'étendant sur plusieurs années.

Cette affaire a également relancé les discussions sur les clauses morales dans les contrats des acteurs et la gestion des crises d'image par les grands studios. Pour Marvel, le défi consiste désormais à rebondir créativement tout en maintenant la cohérence de son univers cinématographique, illustrant la complexité de naviguer entre préoccupations commerciales, artistiques et éthiques.

Les évolutions majeures du secteur cinématographique

L'industrie du cinéma a connu des transformations structurelles profondes en 2023, avec une redéfinition des modèles économiques traditionnels. La période post-pandémique a vu une consolidation du marché des salles, avec la fermeture de certains complexes et le rachat d'autres par de grands groupes. Cette concentration pose la question de la diversité de l'offre cinématographique, particulièrement pour les films indépendants qui peinent à trouver leur place sur les écrans.

La chronologie des médias a également fait l'objet de renégociations dans plusieurs pays, notamment en France où les délais entre sortie en salle et disponibilité sur les plateformes de streaming ont été raccourcis. Cette évolution témoigne de la nécessité pour l'industrie de s'adapter aux nouveaux modes de consommation du public, tout en préservant l'équilibre fragile de l'écosystème cinématographique.

Le financement des productions connaît également des mutations avec l'émergence de modèles hybrides associant studios traditionnels, plateformes de streaming et fonds d'investissement. Des films comme "Killers of the Flower Moon" (Apple/Paramount) ou "Napoleon" (Apple/Sony) illustrent cette tendance où les frontières entre cinéma traditionnel et production pour plateformes deviennent de plus en plus poreuses.

Les tendances émergentes du 7ème art

L'impact croissant des plateformes de streaming sur les productions

Les plateformes de streaming ont poursuivi leur offensive dans le paysage cinématographique en 2023, avec des investissements massifs dans des productions prestigieuses. Netflix a notamment financé "Rebel Moon" de Zack Snyder (200 millions de dollars) et "The Killer" de David Fincher, confirmant sa volonté de collaborer avec des cinéastes de renom. Apple a quant à lui soutenu plusieurs films d'envergure, dont "Killers of the Flower Moon" de Martin Scorsese et "Napoleon" de Ridley Scott, optant pour des sorties limitées en salle avant diffusion sur sa plateforme.

Cette stratégie d'hybridation entre sortie traditionnelle et streaming redéfinit les standards de production et de distribution. Les plateformes n'hésitent plus à investir des sommes considérables dans des projets ambitieux qui auraient difficilement trouvé leur financement dans le système des studios classiques. Elles offrent également aux réalisateurs une liberté créative souvent enviée, avec des contraintes de format et de contenu moins rigides que celles imposées par les grands studios.

Toutefois, cette évolution soulève des interrogations sur l'avenir de l'expérience cinématographique collective et la pérennité du modèle des salles de cinéma. La coexistence de ces deux modes de diffusion semble s'installer durablement, avec une valorisation croissante des événements cinématographiques exclusifs pour attirer le public en salle.

L'intelligence artificielle dans la création cinématographique

L'intelligence artificielle a fait une entrée remarquée dans les processus de création cinématographique en 2023, suscitant à la fois fascination et inquiétude. Les outils d'IA générative comme Midjourney ou DALL-E sont désormais utilisés par certains départements artistiques pour générer des concepts visuels préliminaires, accélérant la phase de pré-production. Des logiciels spécialisés permettent également d'optimiser le planning des tournages ou d'assister le montage, réduisant considérablement le temps nécessaire à certaines tâches techniques.

Cette intégration technologique a été au cœur des revendications lors de la grève des scénaristes et acteurs à Hollywood, qui ont obtenu un encadrement strict de l'utilisation de l'IA. La crainte d'un remplacement des talents humains par des contenus générés artificiellement a conduit à l'établissement de garde-fous contractuels, notamment concernant la création de scripts ou la reproduction numérique des interprètes.

Plusieurs expérimentations comme le court-métrage entièrement généré par IA "The Frost" ont démontré les capacités impressionnantes mais encore limitées de ces technologies. Si l'IA semble promise à un rôle croissant dans certains aspects de la production cinématographique, le consensus qui émerge est celui d'un outil complémentaire plutôt que substitutif à la créativité humaine.

Le retour en force du cinéma de genre et des films d'auteur

L'année 2023 a confirmé le regain d'intérêt pour le cinéma de genre, avec des productions qui ont su conjuguer exigence artistique et propositions formelles audacieuses. Des films comme "Saltburn" d'Emerald Fennell ou "MaXXXine" de Ti West ont réinventé le thriller psychologique et l'horreur en y intégrant des réflexions sociétales contemporaines. Le succès critique et commercial de ces œuvres démontre l'appétit du public pour des propositions qui dépassent les codes traditionnels du genre.

Parallèlement, le cinéma d'auteur a trouvé un nouvel élan en s'emparant de thématiques actuelles comme la crise climatique ("The Beast" de Bertrand Bonello), les questions identitaires ("All of Us Strangers" d'Andrew Haigh) ou les tensions géopolitiques ("The Zone of Interest" de Jonathan Glazer). Ces films ont bénéficié d'une visibilité accrue grâce aux festivals internationaux et à une distribution plus stratégique, parvenant à toucher un public au-delà des cercles cinéphiles habituels.

Cette tendance illustre un retour à l'audace narrative et formelle, après des années dominées par les franchises et suites. Les studios indépendants comme A24, Neon ou MUBI ont joué un rôle crucial dans cette dynamique, en soutenant des visions singulières qui enrichissent le paysage cinématographique mondial.

L'émergence de nouvelles voix dans le cinéma mondial

L'année cinématographique a été marquée par l'émergence de nouvelles voix qui renouvellent les perspectives et les esthétiques du 7ème art. Des réalisatrices comme Molly Manning Walker avec "How to Have Sex" (Un Certain Regard à Cannes) ou Coralie Fargeat avec "The Substance" ont proposé des regards incisifs sur des questions de genre et de corporalité. En Asie, les cinéastes Tran Anh Hung ("La Passion de Dodin Bouffant") et Ryusuke Hamaguchi ("Evil Does Not Exist") ont confirmé la vitalité créative du continent.

Le cinéma africain a également connu une visibilité accrue avec "Goodbye Julia" de Mohamed Kordofani (Soudan) ou "Omen" de Baloji (République démocratique du Congo), qui ont été présentés dans les sections parallèles de Cannes. Ces œuvres témoignent d'une diversification des récits et des approches cinématographiques, enrichissant le dialogue culturel mondial.

Cette pluralité de voix est soutenue par des initiatives de financement plus inclusives et des plateformes de diffusion qui s'ouvrent à des cinématographies traditionnellement sous-représentées. Les festivals internationaux jouent également un rôle crucial dans cette découverte, avec des sections dédiées aux cinéastes émergents qui permettent de faire connaître des talents novateurs au-delà de leurs frontières nationales.

Les disparitions qui ont bouleversé le monde du cinéma

Jane birkin : l'adieu à une icône franco-britannique

Le 16 juillet 2023, le décès de Jane Birkin à l'âge de 76 ans a suscité une vague d'émotion internationale. Au-delà de sa carrière musicale, la chanteuse et actrice franco-britannique a marqué le cinéma français par sa présence singulière et sa collaboration avec des réalisateurs majeurs. Révélée par "Blow-Up" d'Antonioni en 1966, elle est devenue une figure incontournable du cinéma d'auteur français, tournant notamment sous la direction de Jacques Rivette, Agnès Varda ou Jacques Doillon.

Sa relation professionnelle et personnelle avec Serge Gainsbourg a donné lieu à plusieurs collaborations cinématographiques mémorables, dont "Je t'aime moi non plus" en 1976. Plus récemment, les documentaires "Jane par Charlotte" réalisé par sa fille Charlotte Gainsbourg et "Jane Birkin - Oh ! Pardon tu dormais..." avaient offert un regard intime sur son parcours artistique et personnel.

Les hommages rendus à cette artiste protéiforme ont souligné son influence considérable sur la culture française et internationale, son engagement humanitaire et sa liberté d'esprit qui a inspiré plusieurs générations. Sa disparition marque la fin d'une époque où la frontière entre cinéma, musique et vie personnelle se dissolvait dans une forme de poésie quotidienne.

Jean-louis trintignant : hommage à un monstre sacré du cinéma français

Jean-Louis Trintignant s'est éteint le 17 juin 2022 à l'âge de 91 ans, laissant derrière lui une filmographie exceptionnelle qui traverse plus de six décennies de cinéma français et international. De "Un homme et une femme" de Claude Lelouch à "Amour" de Michael Haneke, en passant par "Z" de Costa-Gavras ou "Le Conformiste" de Bernardo Bertolucci, l'acteur a incarné avec une intensité rare des personnages complexes et tourmentés qui ont marqué l'histoire du 7ème art.

Sa disparition a suscité d'innombrables hommages tout au long de l'année 2023, avec des rétrospectives organisées dans les cinémathèques et festivals du monde entier. Le Festival de Cannes lui a notamment rendu un hommage spécial lors de sa 76ème édition, saluant un comédien dont l'exigence artistique et l'intégrité ont fait école.

Au-delà de sa carrière d'acteur, Trintignant a également réalisé plusieurs films et s'est illustré au théâtre, faisant preuve d'une versatilité artistique remarquable. Sa voix distinctive, sa présence intense et sa capacité à exprimer les émotions les plus subtiles ont fait de lui un interprète d'exception dont l'influence continue d'inspirer les nouvelles générations d'acteurs.

Tina turner : retour sur sa carrière cinématographique

Le 24 mai 2023, la disparition de Tina Turner à l'âge de 83 ans a bouleversé le monde de la musique, mais également celui du cinéma où la "Reine du Rock" avait laissé une empreinte significative. Si sa carrière cinématographique est moins connue que son parcours musical

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