Face aux désagréments quotidiens qui affectent notre bien-être, les solutions naturelles gagnent en popularité comme alternatives aux médicaments conventionnels. Ces approches ancestrales, perfectionnées par des générations de praticiens et désormais étayées par la recherche scientifique, offrent des réponses efficaces aux maux courants. De la phytothérapie européenne à la médecine traditionnelle chinoise, en passant par l'aromathérapie et les approches nutritionnelles, ces méthodes douces mobilisent les ressources de la nature pour renforcer les défenses naturelles du corps et apaiser ses déséquilibres. Loin d'être de simples remèdes de grand-mère, ces pratiques reposent sur des principes actifs puissants et des protocoles précis qui méritent d'être connus et appliqués correctement pour bénéficier pleinement de leur potentiel thérapeutique.
Phytothérapie traditionnelle : principes actifs et applications quotidiennes
La phytothérapie, littéralement "soigner par les plantes", constitue l'une des plus anciennes médecines au monde. Cette approche thérapeutique utilise les propriétés médicinales des végétaux pour prévenir ou traiter diverses affections. Son efficacité repose sur la présence de principes actifs naturels – alcaloïdes, flavonoïdes, tanins, huiles essentielles – qui agissent en synergie pour produire un effet thérapeutique global sur l'organisme. Contrairement aux médicaments de synthèse qui isolent généralement une molécule spécifique, la phytothérapie privilégie l'action combinée de l'ensemble des composants de la plante.
Cette approche holistique explique pourquoi les remèdes à base de plantes provoquent généralement moins d'effets secondaires que leurs équivalents pharmaceutiques. Ils offrent une action plus douce mais souvent tout aussi efficace pour les troubles fonctionnels et les affections chroniques légères à modérées. Les principes actifs des plantes médicinales agissent sur différents systèmes corporels – digestif, respiratoire, nerveux, immunitaire – permettant ainsi de traiter un large éventail de symptômes avec un nombre relativement restreint de végétaux bien choisis.
Pour une utilisation quotidienne, la phytothérapie se révèle particulièrement adaptée aux troubles digestifs (ballonnements, spasmes), aux états anxieux légers, aux problèmes de sommeil, aux affections ORL saisonnières et aux douleurs musculaires ou articulaires. Son intégration dans une routine de santé permet souvent de prévenir l'aggravation de certains symptômes et de maintenir l'équilibre physiologique global de l'organisme.
Plantes médicinales européennes : de la camomille allemande au thym serpolet
Le patrimoine phytothérapeutique européen regorge de plantes aux vertus médicinales remarquables, adaptées à nos écosystèmes et à nos constitutions. La camomille allemande ( Matricaria recutita ) figure parmi les plus polyvalentes, reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoires, antispasmodiques et légèrement sédatives. Particulièrement indiquée pour les troubles digestifs, les irritations cutanées et les difficultés d'endormissement, elle constitue un remède de premier choix pour toute la famille.
Le thym serpolet ( Thymus serpyllum ), cousin sauvage du thym commun, se distingue par sa richesse en huiles essentielles aux propriétés antiseptiques puissantes. Cette plante méditerranéenne excelle dans le traitement des infections respiratoires, de la toux et des maux de gorge. Son action expectorante facilite l'élimination du mucus tandis que ses composés phénoliques combattent efficacement les agents pathogènes qui colonisent les voies respiratoires.
La mélisse ( Melissa officinalis ), aussi appelée citronnelle, combine des effets calmants sur le système nerveux et des propriétés antispasmodiques sur le système digestif. Elle apaise les troubles du sommeil, l'anxiété légère et les désordres gastro-intestinaux d'origine nerveuse. La sauge officinale ( Salvia officinalis ) se révèle précieuse pour réguler la transpiration excessive et soulager les symptômes de la ménopause, tandis que son action antiseptique en fait un remède efficace contre les maux de gorge.
Les plantes médicinales européennes représentent un trésor thérapeutique adapté à notre environnement et à notre physiologie. Leur utilisation judicieuse permet de traiter efficacement de nombreux maux quotidiens tout en respectant l'équilibre naturel du corps.
Préparations galéniques maison : infusions, décoctions et macérats huileux
Les préparations galéniques maison permettent d'extraire et d'administrer efficacement les principes actifs des plantes médicinales. L'infusion, méthode la plus commune, convient parfaitement aux parties délicates des végétaux comme les fleurs et les feuilles. Pour la réaliser correctement, versez de l'eau frémissante (85-90°C) sur la plante séchée et laissez infuser 5 à 10 minutes dans un récipient couvert afin de préserver les huiles essentielles volatiles. Cette technique est idéale pour la camomille, la menthe poivrée ou la mélisse.
La décoction, plus adaptée aux parties ligneuses comme les racines, les écorces et les graines, nécessite une extraction plus vigoureuse. Placez le matériel végétal dans l'eau froide, portez à ébullition puis maintenez à feu doux pendant 15 à 20 minutes. Cette méthode convient particulièrement bien à la racine de valériane, à l'écorce de saule ou aux graines de fenouil. Le rendement en principes actifs s'avère supérieur à celui de l'infusion pour ces parties végétales coriaces.
Les macérats huileux constituent une excellente option pour l'application externe. Ils s'obtiennent en faisant macérer des plantes séchées dans une huile végétale de qualité (olive, amande douce, argan) pendant plusieurs semaines, idéalement exposées au soleil. Le macérat de calendula, riche en flavonoïdes et en caroténoïdes, offre des propriétés cicatrisantes et anti-inflammatoires remarquables pour les peaux irritées ou endommagées. Le macérat de millepertuis, reconnaissable à sa belle couleur rouge, soulage efficacement les douleurs musculaires et articulaires.
Type de préparation | Parties végétales adaptées | Temps d'extraction | Applications principales |
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Infusion | Fleurs, feuilles | 5-10 minutes | Usage interne: troubles digestifs, nervosité, insomnie |
Décoction | Racines, écorces, graines | 15-20 minutes | Usage interne: affections chroniques, troubles circulatoires |
Macérat huileux | Fleurs, feuilles aromatiques | 3-4 semaines | Usage externe: douleurs musculaires, affections cutanées |
Dosages thérapeutiques selon la méthode du dr valnet pour les infections respiratoires
Le Dr Jean Valnet, médecin français pionnier de la phytothérapie moderne, a développé des protocoles précis pour le traitement des infections respiratoires par les plantes médicinales. Sa méthode repose sur l'utilisation de dosages thérapeutiques adaptés à l'intensité des symptômes et à la condition du patient. Pour les affections respiratoires bénignes telles que le rhume ou la rhinopharyngite, il recommande généralement une approche progressive combinant plusieurs plantes aux propriétés complémentaires.
Le protocole classique du Dr Valnet pour les infections respiratoires débutantes associe le thym (action antiseptique puissante), l'eucalyptus (propriétés expectorantes et antivirales) et la propolis (renforcement immunitaire). Pour un adulte, la posologie recommandée comprend trois infusions quotidiennes de thym (2g par tasse) et d'eucalyptus (1g par tasse), complétées par une teinture-mère de propolis (30 gouttes trois fois par jour). Ce traitement doit être initié dès les premiers symptômes et poursuivi pendant 5 à 7 jours pour obtenir des résultats optimaux.
En cas d'infection plus installée ou accompagnée de toux productive, le Dr Valnet préconise d'ajouter au protocole de base du lierre terrestre pour ses propriétés expectorantes et antispasmodiques (en décoction, 30g pour un litre d'eau, à boire dans la journée) ainsi que des inhalations d'huiles essentielles d'eucalyptus et de pin sylvestre (5 gouttes de chaque dans un bol d'eau chaude, trois fois par jour). Pour les enfants, ces dosages doivent être réduits proportionnellement au poids, et certaines plantes particulièrement riches en principes actifs puissants sont à éviter avant l'âge de 12 ans.
Conservation optimale des principes actifs selon les directives de la pharmacopée française
La Pharmacopée Française, référence officielle en matière de qualité et de standardisation des médicaments, fournit des directives précises concernant la conservation des plantes médicinales et de leurs préparations. Ces recommandations visent à préserver l'intégrité et la puissance des principes actifs, garantissant ainsi l'efficacité thérapeutique des remèdes naturels dans la durée. Le respect de ces normes s'avère particulièrement crucial pour la phytothérapie domestique, où les conditions de stockage peuvent varier considérablement.
Les plantes aromatiques séchées, riches en huiles essentielles comme le thym, la sauge ou la menthe, doivent être conservées dans des contenants hermétiques, à l'abri de la lumière et de l'humidité. La Pharmacopée recommande des récipients en verre teinté ou en céramique, permettant de limiter l'oxydation et la volatilisation des composés aromatiques. La température idéale de stockage se situe entre 15 et 20°C, loin de toute source de chaleur directe qui accélérerait la dégradation des principes actifs thermosensibles.
Pour les préparations liquides comme les teintures-mères, les extraits fluides ou les hydrolats, la Pharmacopée préconise des flacons en verre ambré munis de compte-gouttes pour une administration précise. Ces préparations conservent généralement leur potentiel thérapeutique pendant 2 à 5 ans selon leur nature, à condition d'être stockées dans un endroit frais et sombre. Les infusions et décoctions, quant à elles, sont à consommer dans les 24 heures suivant leur préparation, leur conservation prolongée favorisant le développement microbien et l'altération des principes actifs hydrosolubles.
Remèdes aromathérapeutiques ciblés par système corporel
L'aromathérapie offre des solutions thérapeutiques précises et puissantes grâce aux huiles essentielles, véritables concentrés des principes actifs volatils des plantes. Chaque système corporel peut bénéficier d'huiles essentielles spécifiques, sélectionnées pour leurs affinités biochimiques avec les tissus concernés. Pour le système respiratoire, les huiles essentielles d'eucalyptus globuleux, de niaouli et de pin sylvestre excellent par leurs propriétés antiseptiques broncho-pulmonaires et expectorantes. Elles facilitent le dégagement des voies respiratoires et combattent efficacement les agents pathogènes responsables des infections saisonnières.
Le système digestif répond particulièrement bien aux huiles essentielles carminatives et antispasmodiques comme la menthe poivrée, le gingembre ou le basilic tropical. Ces essences stimulent la sécrétion des sucs digestifs, favorisent l'élimination des gaz intestinaux et apaisent les spasmes douloureux. Pour les troubles hépatiques et biliaires, le romarin à verbénone et le citron s'imposent comme des choix judicieux grâce à leurs propriétés détoxifiantes et cholérétiques qui régulent le flux biliaire et soutiennent la fonction hépatique.
Le système nerveux, souvent sollicité par le stress quotidien, bénéficie des propriétés équilibrantes de la lavande vraie, de la camomille romaine et de la marjolaine à coquilles. Ces huiles essentielles réduisent l'anxiété, améliorent la qualité du sommeil et diminuent les tensions nerveuses sans provoquer de somnolence diurne excessive. Leur action sur le système nerveux central s'exerce principalement par voie olfactive – via les connexions directes entre les récepteurs du nez et le cerveau limbique – mais également par voie cutanée, les molécules aromatiques franchissant aisément la barrière épidermique.
Huiles essentielles anti-inflammatoires : gaulthérie couchée et eucalyptus citronné
La gaulthérie couchée ( Gaultheria procumbens ) produit une huile essentielle exceptionnellement riche en salicylate de méthyle, précurseur naturel de l'acide salicylique. Ce composé lui confère des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques remarquables, comparables à celles de l'aspirine mais sans les effets secondaires gastriques. Particulièrement efficace contre les douleurs articulaires et musculaires, l'huile essentielle de gaulthérie s'utilise exclusivement par voie externe, diluée à 5-10% dans une huile végétale neutre comme l'huile d'amande douce ou l'huile de jojoba.
L'eucalyptus citronné ( Eucalyptus citriodora ) se distingue par sa haute teneur en citronellal (environ 70-85%), composé aux puissantes propriétés anti-inflammatoires et analgésiques. Contrairement à l'eucalyptus globuleux plus connu pour ses bienfaits respiratoires, l'eucalyptus citronné cible principalement les inflammations articulaires
et musculaires. Son parfum doux et citronné rend son utilisation particulièrement agréable, même pour les personnes sensibles aux odeurs fortes caractéristiques de nombreuses huiles essentielles thérapeutiques.Pour une action anti-inflammatoire optimale, ces deux huiles essentielles peuvent être associées dans un même mélange. La synergie qui en résulte amplifie leur efficacité individuelle et élargit leur spectre d'action. Une formulation classique combine 30 gouttes de gaulthérie couchée, 20 gouttes d'eucalyptus citronné et 50 ml d'huile végétale de calophylle inophyle, elle-même reconnue pour ses vertus anti-inflammatoires. Ce mélange s'applique en massage léger sur les zones douloureuses, à raison de deux à trois applications quotidiennes jusqu'à amélioration des symptômes.
Les huiles essentielles anti-inflammatoires constituent une alternative naturelle efficace aux médicaments de synthèse pour les douleurs musculaires et articulaires chroniques ou aiguës. Leur action rapide et leur absence d'effets secondaires digestifs en font des alliés précieux pour maintenir la mobilité et le confort au quotidien.
Protocoles d'application cutanée selon la méthode baudoux
Le Dr Dominique Baudoux, pharmacien et aromatologue belge de renom, a développé des protocoles d'application cutanée précis qui maximisent l'efficacité thérapeutique des huiles essentielles tout en garantissant leur innocuité. Sa méthode repose sur une compréhension approfondie de la pharmacocinétique des molécules aromatiques et de leur interaction avec les différentes couches cutanées. Selon Baudoux, l'efficacité d'un traitement aromathérapeutique dépend de trois facteurs clés : la dilution appropriée, la localisation précise de l'application et la fréquence d'utilisation.
Pour les affections musculo-squelettiques, Baudoux préconise une application localisée directement sur la zone douloureuse, complétée par un massage des zones réflexes correspondantes et des points d'acupuncture associés. La dilution recommandée varie selon la nature de l'huile essentielle : les essences riches en phénols et aldéhydes aromatiques, potentiellement irritantes, nécessitent une dilution de 5% maximum (15 gouttes d'huile essentielle dans 10 ml d'huile végétale), tandis que les huiles essentielles plus douces comme la lavande peuvent être utilisées jusqu'à 20% de concentration pour un effet thérapeutique optimal.
Pour les troubles circulatoires, la méthode Baudoux privilégie l'application en bandes ascendantes, des extrémités vers le cœur, favorisant ainsi le retour veineux. Les huiles essentielles de cyprès, de lentisque pistachier et de cèdre de l'Atlas, diluées à 8% dans une huile végétale de calophylle, sont appliquées matin et soir pendant trois semaines, suivies d'une semaine de pause avant de reprendre si nécessaire. Cette approche cyclique permet d'éviter l'habituation de l'organisme et de maintenir la réactivité tissulaire aux principes actifs aromatiques.
Synergie ravintsara-tea tree-citron contre les affections virales saisonnières
La combinaison des huiles essentielles de ravintsara, de tea tree et de citron constitue l'une des synergies antivirales les plus puissantes de l'aromathérapie moderne. Le ravintsara (Cinnamomum camphora CT cinéole), originaire de Madagascar, se distingue par sa richesse en 1,8-cinéole et en alpha-terpinéol, composés reconnus pour leurs propriétés antivirales à large spectre. Il agit principalement en inhibant la réplication des virus et en stimulant l'activité des cellules natural killer, piliers de notre immunité antivirale innée.
Le tea tree (Melaleuca alternifolia), trésor aromatique australien, apporte à cette synergie ses puissantes propriétés immunostimulantes et antimicrobiennes grâce à sa teneur élevée en terpinène-4-ol. Cette molécule renforce l'action du ravintsara en ciblant spécifiquement les virus enveloppés responsables de nombreuses infections respiratoires saisonnières. L'huile essentielle de citron (Citrus limon), extraite par pression à froid du zeste, complète ce trio par son action détoxifiante hépatique et son effet tonifiant sur le système lymphatique, facilitant l'élimination des toxines produites pendant l'infection.
Pour une prévention efficace durant les périodes à risque, la formulation recommandée associe 30 gouttes de ravintsara, 20 gouttes de tea tree et 10 gouttes de citron dans 30 ml d'huile végétale d'amande douce. Ce mélange s'applique en massage sur la colonne vertébrale, la plante des pieds et le thorax matin et soir. En cas d'infection déclarée, la fréquence peut être augmentée à trois ou quatre applications quotidiennes pendant cinq jours, permettant ainsi de réduire significativement l'intensité et la durée des symptômes.
Précautions d'emploi spécifiques pour femmes enceintes et enfants de moins de 7 ans
L'aromathérapie, malgré ses nombreux bienfaits, requiert une vigilance particulière lorsqu'elle est utilisée auprès des populations vulnérables comme les femmes enceintes et les jeunes enfants. Pendant la grossesse, certaines huiles essentielles sont formellement contre-indiquées en raison de leur potentiel abortif ou de leur action hormonale. Il s'agit notamment des huiles riches en cétones (romarin à verbénone, sauge officinale, menthe poivrée), en phénols (origan compact, sarriette, thym à thymol) ou en aldéhydes aromatiques (cannelle, citronnel).
Pour les femmes enceintes, seules quelques huiles essentielles peuvent être utilisées en toute sécurité, et uniquement à partir du deuxième trimestre : la lavande fine, le ravintsara, la mandarine et le petit grain bigarade figurent parmi les rares exceptions tolérées. Leur utilisation doit rester ponctuelle, fortement diluée (maximum 1% dans une huile végétale) et exclusivement par voie cutanée, en évitant la région abdominale et lombaire. L'inhalation et l'ingestion sont à proscrire, même pour les huiles essentielles considérées comme sûres.
Concernant les enfants de moins de 7 ans, leur peau plus fine et leur métabolisme hépatique immature les rendent particulièrement sensibles aux composés aromatiques puissants. Pour cette tranche d'âge, les huiles essentielles potentiellement neurotoxiques (eucalyptus mentholé, romarin à camphre) ou dermocaustiques (cannelle, girofle) sont strictement contre-indiquées. Lorsque l'aromathérapie s'avère nécessaire, les dilutions doivent être adaptées à l'âge : 0,5% pour les nourrissons (soit 1 goutte dans 10 ml d'huile végétale), 1% pour les enfants de 3 à 5 ans et 2% maximum pour les 5-7 ans. L'application se limite aux zones plantaires et dorsales, évitant scrupuleusement le visage et les muqueuses.
Approches nutritionnelles thérapeutiques validées scientifiquement
L'alimentation constitue un levier thérapeutique puissant, désormais reconnu par la communauté scientifique internationale. Au-delà de son rôle énergétique fondamental, chaque aliment véhicule des composés bioactifs capables d'influencer positivement ou négativement notre physiologie. Les approches nutritionnelles thérapeutiques moderne s'appuient sur une évaluation rigoureuse des mécanismes biochimiques impliqués dans différentes pathologies, permettant d'identifier avec précision les nutriments susceptibles d'apporter un bénéfice clinique mesurable.
Contrairement aux régimes tendance souvent dépourvus de validation scientifique, ces approches nutritionnelles font l'objet d'études cliniques randomisées démontrant leur efficacité dans le traitement adjuvant de nombreuses affections. Le régime méditerranéen, par exemple, a prouvé ses bénéfices cardiovasculaires lors de l'étude PREDIMED, révélant une réduction de 30% des événements cardiovasculaires majeurs chez les participants le suivant rigoureusement. De même, le protocole nutritionnel anti-inflammatoire a démontré son efficacité dans la réduction des marqueurs inflammatoires circulants et l'amélioration symptomatique de diverses pathologies inflammatoires chroniques.
Ces approches se distinguent par leur personnalisation, tenant compte de la variabilité interindividuelle dans la réponse aux aliments, désormais bien documentée par les études de nutrigénomique. Elles considèrent également la chronobiologie alimentaire, adaptant les apports nutritionnels aux rythmes circadiens qui gouvernent notre métabolisme. Cette vision holistique et scientifiquement validée de la nutrition thérapeutique permet d'intégrer l'alimentation comme une composante essentielle de toute stratégie de soin, complémentaire aux traitements conventionnels.
Aliments fermentés lacto-fermentés : kombucha, kéfir et choucroute crue
Les aliments lacto-fermentés représentent un pilier des approches nutritionnelles thérapeutiques modernes grâce à leur impact bénéfique sur le microbiote intestinal. Le kombucha, boisson issue de la fermentation du thé sucré par une symbiose de bactéries et de levures, contient une diversité exceptionnelle de probiotiques vivants et d'acides organiques. Des études récentes ont démontré sa capacité à moduler la composition du microbiote intestinal, favorisant la prolifération des bactéries bénéfiques du genre Lactobacillus et Bifidobacterium au détriment des souches potentiellement pathogènes.
Le kéfir, qu'il soit de lait ou d'eau, constitue une source incomparable de microorganismes probiotiques. Le kéfir de lait traditionnel contient jusqu'à 50 souches différentes de bactéries et levures symbiotiques qui agissent en synergie pour renforcer la barrière intestinale. Ses effets immunomodulateurs ont été documentés dans plusieurs études cliniques, révélant une augmentation significative de l'activité des cellules natural killer et une réduction des cytokines pro-inflammatoires chez les consommateurs réguliers. Le kéfir d'eau, également appelé "graines de tibicos", offre une alternative pour les personnes intolérantes au lactose, avec un profil microbien différent mais tout aussi bénéfique.
La choucroute crue, obtenue par fermentation naturelle du chou en présence de sel, représente la forme traditionnelle de lacto-fermentation la plus accessible. Sa richesse en Lactobacillus plantarum et en isothiocyanates issus de la dégradation des glucosinolates du chou en fait un aliment doublement bénéfique : les probiotiques y côtoient des composés soufrés aux propriétés détoxifiantes hépatiques documentées. Pour préserver l'intégrité des microorganismes bénéfiques, la choucroute doit être consommée crue ou très légèrement réchauffée, les températures supérieures à 40°C détruisant la majorité des probiotiques qu'elle contient.
Micronutriments ciblés contre la fatigue chronique : zinc, magnésium et vitamines du groupe B
La fatigue chronique, symptôme multifactoriel affectant jusqu'à 20% de la population active, trouve souvent sa source dans des carences micronutritionnelles subtiles mais significatives. Le zinc, oligoélément essentiel impliqué dans plus de 300 réactions enzymatiques, joue un rôle central dans la production d'énergie cellulaire et la synthèse des neurotransmetteurs. Des études cliniques ont démontré qu'une supplémentation en zinc (15-30 mg/jour) chez des sujets présentant des taux sériques suboptimaux améliorait significativement les scores de fatigue et les performances cognitives en seulement quatre semaines. Les huîtres, les graines de courge et le bœuf de pâturage constituent les sources alimentaires les plus biodisponibles de ce minéral crucial.
Le magnésium, électrolyte majeur souvent déficitaire dans l'alimentation moderne, participe à la conversion du glucose en ATP, principale source d'énergie cellulaire. Sa carence chronique se manifeste par une fatigue persistante, des crampes musculaires et une irritabilité accrue. Une méta-analyse regroupant 27 études a confirmé l'efficacité d'une supplémentation en magnésium bisglycinate (300-400 mg/jour) dans la réduction de la fatigue chez les patients souffrant de syndrome de fatigue chronique. Les légumes à feuilles vertes, les légumineuses et le chocolat noir non sucré représentent d'excellentes sources alimentaires de magnésium, bien que leur teneur soit fortement influencée par la qualité des sols de culture.
Les vitamines du groupe B, particulièrement B1, B2, B3, B5, B6 et B12, constituent de véritables cofacteurs énergétiques indispensables au métabolisme des macronutriments. Elles interviennent spécifiquement dans le cycle de Krebs et la chaîne respiratoire mitochondriale, processus biochimiques générateurs d'ATP. Une étude randomisée en double aveugle a démontré qu'une supplémentation en complexe B à doses physiologiques réduisait significativement la perception de fatigue et améliorait les performances cognitives chez des sujets présentant une activité professionnelle intense. Les abats, les légumineuses et les céréales complètes non raffinées constituent les meilleures sources alimentaires de ce groupe vitaminique essentiel à la vitalité cellulaire.
Protocole anti-inflammatoire méditerranéen du dr catherine kousmine
Le protocole anti-inflammatoire développé par le Dr Catherine Kousmine représente une approche nutritionnelle pionnière dans la gestion des pathologies inflammatoires chroniques. Médecin suisse d'origine russe, le Dr Kousmine a élaboré dès les années 1950 un modèle nutritionnel combinant les principes du régime méditerranéen traditionnel avec des adaptations spécifiques visant à neutraliser les processus inflammatoires. Son protocole repose sur quatre piliers fondamentaux : l'équilibre acido-basique, la qualité des acides gras, l'hygiène intestinale et la vitalité des aliments consommés.
L'équilibre acido-basique constitue la pierre